Samedi 29 octobre: soirée de soutien aux Variétés/César « Cœur de ville et cinéma : tout doit disparaître? », au Vidéodromes2

En soutien aux salariés du Variétés/César et en partenariat avec l’association des ami.e.s et partenaire des cinémas César / Variétés, le Videodrome 2 vous propose une soirée en deux temps. Le premier sera celui du film de Sébastien Jousse et Luc Joulé, les réquisitions de Marseille et le second sera la présentation du travail en cours par l’équipe de Primi TV de leur projet sur la Commune de la Plaine. En savoir plus.

Rejoindre et partager l’évènement sur Facebook: https://www.facebook.com/events/183350872118042/

A propos du programme PrimiTV:

Depuis des mois, Primitivi filme de ci de là les évènements autour du projet de « requalification » de la Plaine lancé par la Mairie, et de sa contestation par une partie des habitants. Et puis, il y a eu ces tournages d’une fiction autour de la proclammation de « la Commune Libre de la Plaine » auquels vous avez été nombreux à participer.
- Aujourd’hui, on se dirige vers un film long qui mêlerait réalité et fiction. Il va nous prendre du temps, mais on aimerait vous en causer dès maintenant.
- Ne pas laisser les images trop longtemps dans l’ombre de la salle de montage.
- Entendre aussi ce que vous avez à en dire, pour que ce film soit ancré dans une situation mouvante, un aller-retour avec la rue…
- Alors on vous propose une séance de visionnage commun, commentée au micro, de rushes. Attention ! ce n’est pas un montage, il faudra être indulgent, faire l’effort de remettre les séquences dans l’ordre dans vos têtes, imaginer la musique, la voix-off, etc…
Une ballade dans un film en train de se faire…

Les réquisitions de Marseille

de Sébastien Jousse et Luc Joulé, France, 2004, 52 mn

Qui connaît l’aventure des 15 entreprises réquisitionnées de Marseille de 1944 à 1948 ? Ce n’est pourtant pas tous les jours que 15 000 ouvriers accèdent et participent à la gestion de leur entreprise, et réalisent de surcroît d’importants bénéfices ! Dans le bouillonnement social de la Libération, ils ont mené la plus importante forme de « gestion participative » que la France ait connu, née du programme du Conseil National de la Résistance préconisant l’instauration d’une « véritable démocratie économique et sociale ». Soixante ans après, cette expérience sociale et économique résonne encore singulièrement avec les débats contemporains sur la valeur du travail et la finalité de l’économie.

29 août 1944. Au lendemain de la libération de Marseille, au sortir des combats, les ouvriers relancent sans attendre les ateliers tandis que l’épuration met en fuite les patrons accusés de collaboration. Nommé Commissaire Régional de la République par de Gaulle, Raymond Aubrac, figure mythique de la résistance, va réquisitionner 15 entreprises de Marseille. La guerre continue en Europe et Marseille est une plaque tournante pour les armées de libération. La majorité de ces entreprises sont liées au secteur des transports. Des usines « sans têtes » produisent à tout va, animées par le désir de relever la Nation. Elles sont dirigées par des comités de gestion. Les 15 000 ouvriers et leurs organisations syndicales remettent en marche au profit des habitants et des armées de libération, les usines dont certains patrons et cadres dirigeants avaient fui.
Le film, fait revivre cette expérience à une période où demeurent encore des témoins capables de l’évoquer. Soixante ans après, d’anciens ouvriers, militants syndicalistes, reviennent dans leurs ateliers en compagnie de Robert Mencherini. Raymond Aubrac, Commissaire Régional de la République à Marseille à la Libération, témoigne : « inspirée du programme du Conseil National de la Résistance, la réquisition faisait figure d’audacieux prélude, comme ces éclaireurs qui s’écartent trop du gros de la troupe… Dés le début on me fit comprendre que j’avais pénétré dans un domaine extrêmement sensible. »

Le film confronte les hommes aux espaces et aux bâtiments magnifiquement mis en valeur, où ils ont vécu ces heures intenses et transmettent, à travers des témoignages d’une incontestable valeur historique, une véritable émotion. Il montre que les acquis sociaux de l’après guerre sont aussi le résultat des luttes et des rapports de force hérités de la libération. S’il est légitime de célébrer la libération militaire du pays, il ne faudrait pas enfermer dans l’oubli les avancées portées par le programme du Comité national de la résistance (CNR) qui prévoyait, entre autres, sécurité sociale et retraite pour tous. « Dans la mémoire collective, la Libération est synonyme de lutte contre l’occupant. Mais elle porte aussi en elle un profond élan de contestation sociale et politique ». Il pose également le problème de la démocratie sociale, du pouvoir dans l’entreprise, de la participation des travailleurs à la gestion, des questions de la plus brûlante actualité dans notre monde ultra-libéral.

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