[Soirée spéciale] projection débat de « L’Image manquante » en présence de l’artiste Séra le Jeudi 8 février

Dans le cadre des Rencontres Cinématographiques des Droits de l’Homme en Provence, sur une proposition de Osiris (association de soutien thérapeutique aux victimes de torture et de répression politique) et en collaboration avec Le cinéma Les Variétés

L’Image manquante Film documentaire de Rithy Panh (Cambodge/Fra,ce/2015-1h32)
Séance spéciale en présence de l’artiste Séra (Peintre, sculpteur, illustrateur et auteur de bande dessinée.) Jeudi 8 février 2018 à 20h00 au Cinéma Les Variétés

Il y a tant d’images dans le monde, qu’on croit avoir tout vu. Tout pensé. Depuis des années, je cherche une image qui manque. Une photographie prise entre 1975 et 1979 par les Khmers rouges, quand ils dirigeaient le Cambodge. A elle seule, bien sûr, une image ne prouve pas le crime de masse ; mais elle donne à penser ; à méditer. A bâtir l’histoire. Je l’ai cherchée en vain dans les archives, dans les papiers, dans les campagnes de mon pays. Maintenant je sais : cette image doit manquer ; et je ne la cherchais pas – ne serait-elle pas obscène et sans signification ? Alors je la fabrique. Ce que je vous donne aujourd’hui n’est pas une image ou la quête d’une seule image, mais l’image d’une quête : celle que permet le cinéma. Certaines images doivent manquer toujours, toujours être remplacées par d’autres. Dans ce mouvement il y a la vie, le combat, la peine et la beauté, la tristesse des visages perdus, la compréhension de ce qui fut. Parfois la noblesse, et même le courage : mais l’oubli, jamais.

Séra naît au Cambodge en 1961. En 1975, lors de la prise de Phnom Penh par les Khmers Rouges, il se réfugie avec sa mère à l’ambassade de France. Il obtient le statut de réfugié politique et s’installe en région parisienne. Il poursuit des études en arts graphiques qui le conduisent à l’enseignement. Par ailleurs il publie des bandes dessinées dont notamment des récits consacrés au Cambodge et au régime khmer.
Séra est à l’initiative d’un projet de mémorial aux victimes du régime khmer rouge, « A ceux qui ne sont plus là », édifié au centre de Phnom Penh.

L’Image manquante
Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh le 17 avril 1975, la veille du onzième anniversaire de Rithy Panh. Enfant de ce « nouveau peuple », honni par le régime, il est déporté vers la campagne. Il doit être rééduqué ou éliminé. Il a vu les ravages meurtriers de l’idéologie et a voisiné avec la mort, celle du monde dans lequel il est né, celle d’une partie de son peuple, celle de toute sa famille, sa propre mort aussi.
Des années plus tard, le cinéaste se souvient, « Au milieu de la vie, l’enfance revient » dit la première phrase du documentaire. « Mon enfance, je la cherche comme une image perdue. Ou plutôt, c’est elle qui me réclame ». Pour faire revivre le passé disparu, Rithy Panh a fait construire des figurines et des décors miniatures. C’est au moyen de ces maquettes, qu’il composera le tableau de ses souvenirs.

Limage_manquante_LG

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